samedi 7 novembre 2009

Cuba : le defi qui repousse les limites....et eveille les sens





Bienvenue au pays ou la musique est reine, mais pays qui n'a pas pleinement choisi sa place entre 50ans de revolution passee et de socialisme pro castriste et un futur qui n'a pas encore trouve son icone. Pays en transition, pays en devenir,..

Nous y voila, CUBA la belle promise mais aussi l’indomptable….. Plein de qualificatifs pour celle ile a la fois mysterieuse et enivrante. Moultes peripeties pour y atterir : un depart en retard de San Francisco me fera louper la correspondance. American Airlines a tout prevu ou presque : logement dans un hotel a Dallas (ville de transit prolonge) et nouvel avion le lendemain matin a 9h pour arriver a Mexico a 12h30. Seul hic, je mettais déjà achete en dehors de mon billet tour du monde un aller-retour pour Cuba au depart de Mexico a…..8h ! No es possible para mi ….
Complications en perspectives et complications il y aura…


Sans compter que la miss que je suis a choisi de pimenter la chose en loupant l’avion partant a 9h de Dallas…trop fatiguee, 2h de sommeil, je n’entendrais pas le reveil. Je reussis en catstrophe a choper l’avion suivant et a recuperer mes bagages a Mexico qui eux etaient parti sans probleme de reveil avec l’avion de 9h ! Complique tout ca, non ?

Ce n’est pas fini, je passerai entre 1 et 2h entre American Airlines et Mexicana a arranger les choses pour mon vol rate pour Cuba. Au final, une nuit non prevue dans un hotel a l’aeroport de Mexico (seule concession d’American Airlines pour compenser le « ratage » du vol pour Cuba)… tout ca me fera arriver le 24 septembre a Cuba, au lieu du 23.

Un peu fatiguee mais heureuse d’arriver a bon port, je recupere ma chambre a La Havane. Ici, a Cuba, le plus economique, ce sont ce qu’ils appellent les « casa particular », chambre chez l’habitant autrement dit. Bon compromis pour tous car les habitants ont la l’occasion de gagner un peu d’argent, l’etat de developper le tourisme et le touriste de base d’entrer de plein fouet dans la culture cubaine a bon marche.

Ma chambre, dans une vieille maison en bordure du Malecon, autrement dit du boulevard de bord de mer me permet d’avoir vu sur la mer…le paysage est etrange mais captivant : un melange d’immeubles delabres sur ce rempart et pourtant avec les vestiges d’une beaute evidente. Je commence a comprendre pourquoi cette ville est classe au Patrimoine de l’Unesco.


La Havane, premiers pas





Je vous parlais des premiers mots qui me viennent pour parler de La Havane : deroutante sera mon premier. Mes premieres difficultes : l’espagnol me fait cruellement defaut. Mon petit guide de conversation espagnole et mon dictionnaire seront mes meilleurs amis durant ce periple. Petit a petit ca viendra mais imaginez vous regarder un film chinois sans sous titres, pas evident, non ?
Heureusement, mon hote est bilingue, j’essaierai quand meme de faire quelques efforts avec sa maman. Un peu complicado….


Premiere marche dans les rues de la Ciudad, et je vais direct boire le mojito que je m’etais promis de deguster en arrivant, dans un bar typique, tant qu’a faire….histoire de trinquer a mes amis. Tchin, los amigos….
Ah ca, ce qui est sur, c’est que c’est pas du mojito de fillette : limite verre a pastis de chez nous, un rhum dose comme si j’etais un vieux marin qui a ecume les ports, …hou la la, vous connaissez ma resistance a l’alcool : zero !!!! Et la vite, je me dis, mollo l’alcool en solo sinon …mais quel regal, ca y est, je commence a prendre la temperature de la ville : caliente…… Ma tete aussi…il n’est que 6h de l’apres-midi…


Et je repars a la decouverte des rues et le temps passe vite et la nuit tombe vite..Premieres courses dans une echoppe : les gens achetent au coup par coup, pas de caddie..imaginez acheter votre bouillon Kub pour potage a l’unite ou une demi poche de bonbons, si si…Meme le shampooing ou le dentifrice, il vous faut attendre derriere le comptoir. Pas beaucoup de libre service, et quand il y en a, vous mettez 30 fois moins de temps qu’a Auchan..choix reduit…prix eleves..

En parti a cause de mon manque d’espagnol mais pas seulement , je ne sais pas pourquoi, des le premier jour, je me sens terriblement isolee et demunie. En plus dans la rue, sans cesse, je me fais abordee par des hommes ou sifflee. Sans mentir, une bonne trentaine de fois par jour, tres tres pesant. Meme si au final, ca n’est pas mechant, c’est devenu tres vite difficile a supporter. Il y en a meme un qui a mis a peine 3 minutes montre en main pour me proposer d’aller a l’hotel.

Parait-il que c’est comme ca, ici a Cuba, et que les femmes locales n’y font meme pas attention ou repondent sechement. Enfin bon, j’ai quand meme le look touriste et il est evident que je marche seule. Dans les quartiers, quels qu’ils soient, ca se remarque… Jamais menacant, mais ca me mets petit a petit tres mal a l’aise…

Le premier jour,je visite la vieille ville, Habana Vieja, tres belle partie de la Ciudad. Mais je sens que ca ne va pas fort, j’ai du mal a apprecier a sa juste valeur.
Du coup, mes premieres impressions sont plus que mitigees (a part le mojito) – les gens pas forcement aimables, une ville belle mais sombre et delabree, un evident manque d’approvisionnement : l’embargo se fait sentir et on ne trouve pas tout ce qu’on veut..aie aie mes yaourths, mes tomates… difficile… Il faut dire les mots tels qu’ils sont, les deux premiers jours, je me sens tellement mal que je me sens comme couler sans bouee de sauvetage.

Je pense a rentrer, a prendre le premier avion pour attendre aux Etats Unis mes amis polonais qui doivent debarquer fin octobre…Baisser les bras, ca n’est pas mon genre mais la, je sens qu’il faut changer quelque chose…La salsa commence a prendre un coup dans l’aile…

Alors j’appelle a l’aide une vieille connaissance. Mais ca sonne creux. Je prends donc une nouvelle fois conscience de la valeur de vrais amis.. Jamais, je le reconnais, je ne me suis sentie si mal depuis le debut de l’aventure… Trop emotive, peut-etre, mais quand meme…

Alors, aussi mal cela fait-il de se sentir seule et ne pouvoir compter sur personne, autant je dois reconnaitre que ca m’a donne un coup de pieds aux fesses. Alors, je me fais violence et je pars a l’assaut de cette ville difficile. Mon vrai defi, il est la, et pas il y a 4 mois et demi quand je me suis retrouvee seule, je le sens bien. L’aventure commence maintenant.

Je decide … de ne rien decider sur le coup de l’emotion et de me laisser un petit peu de temps. Je reprends mon guide de voyage et pars arpenter le Chinatown local, et oui meme a La Havane, il y en a un.


Delabrement encore plus fort qu’ailleurs, je traverse des quartiers plus glauques les uns que les autres (pas dangereux pour autant, rassurez-vous). Je decouvre les boulangeries locales, du pain a decouper ou les habitants font la queue avec leur carnet de rationnement..l’inconnu pour moi, meme si j’en avais entendu parler… Je peux en prendre dans la mesure ou j’ai la monnaie locale.

Ah oui, precision necessaire.. Ici a Cuba, circulent 2 monnaies, le peso cubain ou moneda nacional ( pour payer sur les marches, dans certains resto et stands de bouffe dans la rue..c’est la monnaie des cubains…) et le peso convertible (pour les touristes pour payer les taxis, la plupart des restos et trucs a touristes..la monnaie forte quoi). Pour cette derniere, les cubains peuvent s’en servir aussi mais ca reste une monnaie « de riche » - voyez-vous-même : 1 peso convertible = 24 pesos cubains. La contrepartie, c’est que, par exemple dans les musees ou autres, la ou les cubains vont payer 1 peso cubain, le touriste va payer 1 peso convertible (soit 24 fois plus).

Avantage et inconvenient de chaque cote…Voyez donc, dans la rue, vous pouvez vous achetez une « comida criolla » (riz avec haricots noirs, porc ou poulet, avocat..) pour 30 pesos cubains (a peine plus d’un dollar..) ou un petit sandwich pour 10 pesos cubains (moins d’un demi dollar..). Bon, a ce rythme la, vous finissez par prendre du gras….maman, rejouis-toi, je vois que j’ai pris du ventre, et grossi un peu …pas joli joli.

Heureusement, meme dans les restos a touristes, ca reste bon marche et il y a toujours les petits marches ou je cherche mes legumes…
Alors voila, ici pour l’equivalent de 25 centimes, vous pouvez vous acheter du pain avec les cubains. Trop facile et malheureusement pour moi, trop bon…donc trop de pain..

Ces premieres decouvertes etant faites, je continue vers le quartier Vedado, un peu plus chic et decouvre une autre institution de Cuba : les glaciers et un en particulier. Les gens y sont accros et en plus, c’est pas cher : meme pas 3 pesos cubains pour une coupe de glace de 3 boules. Les cubains y sont tellement accros que la file d’attente peut durer 1 ou 2 heures !!! Cuba, c’est le pays du sucre et des patisseries etc… On n’y vient pas pour la qualite de la nourriture, c’est sur…

Je continue ma balade sous la chaleur ecrasante jusqu'à l’Hotel Nacional, veritable monument historique et hotel de grand standing. Superbe bar face a l’ocean, et dans le hall planent les ombres de Winston Churchill ou Franck Sinatra, occupants illustres parmi d’autres. Un vrai voyage dans le Cuba d’hier…Et tranquilou, je reprends ma route le long du Malecon, qui me mene jusqu'à ma casa. Une journee bien remplie, riche en emotion, des pieds eprouves et au final, la sensation d’avoir franchie une premiere etape sur moi-meme. Allez Bidou, on continue…


Le lendemain, je demarre la journee non sans avoir au prealable pris mon cafe et fait mes affaires sur Internet dans l’hotel 5 etoiles de la ville. Petit expresso serre avec petite tasse de lait chaud et petits biscuits, ce sera mon fil d’Ariane durant ces 4 jours, 2 a 3 par jour, un vrai plaisir. Au bout du 3eme jour, on me reconnait et je n’ai presque pas besoin de demander, on me devine…. Ca me fait sourire.

Je pars a l’autre bout de la ville, au petit matin, acheter mon billet de bus pour ma prochaine destination cubaine. Et oui, Bidou se reprends et decide de poursuivre…Je traverse la Plaza de la Revolucion, symbole de la revolution cubaine et lieu de tout grand rassemblement, comme les discours de Fidel Castro, feu le Pape JP II et tout frais le grand concert pour la paix, 1 jour ou 2 avant que je ne debarque a Cuba. En face, comme une ombre qui plane, et qui veille, on voit une immense peinture murale du Che et le slogan « Hasta la Victoria Sempre » . C’est recurrent a Cuba : Castro, le Che et quelques autres illustres « liberateurs » se retrouvent partout, dans chaque ville, dans chaque village. C’est leur histoire, forte et complexe.

Ici, Castro et Che Guevarra sont percus comme de vrais liberateurs de la dictature de Batista. Partout, dans les villages, dans les villes, vous voyez des messages celebrant ces 2 personnages et la revolution – non au retour dans le passe, c’est leur credo – la lutte encore et toujours dans les esprits. Mais pas aussi simple que ca quand meme : le système castriste s’est rapidement accompagne de restrictions evidentes, jusqu'à la suppression de la circulation du dollar, fruit de la degradation des relations entre les US et Cuba. Il faut dire aussi que les US detenaient un quasi monopole sur l’ile et que Castro était ancre pro sovietique. Le resultat, c’est la double monnaie et la penalisation evidente des cubains. L’embargo qui pese sur Cuba limite les approvisionnements de certains produits et la vie coute cher. Ce n’est pas pour rien non plus si vous ne pouvez pas prendre d’avions pour Cuba depuis les US. Histoire complexe, difficile a resumer…

Je reviens sur la Havana Vieja ou je me fais un petit circuit, histoire de mieux decouvrir les recoins. Ce sera la Cathedrale, le bar fetiche d’Hemingway, qui a un peu trop vecu, la Plaza de Armas, les vieux hotels restaures et magnifiques a l’interieur, le vrai Cuba resurgit (a grand luxe quand meme). Puis la maquette de la ville, grandiose, un vrai talent d’artiste, a l’echelle 1/500, d’une precision incroyable..

Au recoin d’une ruelle, sur une petite place ombragee, je profite d’un moment hors du temps : chanson a capella et guitare d’un vieux monsieur, avec une voix qui a vecu et fait passer une emotion sensationnelle.. Les sentiments sont forts et les larmes montent vite aux yeux tellement c’est beau… difficile de contenir tout ca. Vite mes lunettes de soleil


Les voitures a Cuba, Exceptionnel





Je poursuis jusqu’au, le Musee del chocolate, plus un bar qu’un musee.. Il faut bien se refaire - je me regale alors d’un chocolat chaud , cremeux a souhait, vous savez tel un flan encore liquide mais dont la peau se forme peu a peu, un pur regal… Un peu ma madeleine de Proust. La otra, por favor… hum buenissimo ! On ne se refait pas !

Je termine la journee par une visite originale d’une tour ou, dans une chambre noire, grace a une lentille, la lumiere du jour et une toile, vous pouvez visionner toute la ville en direct – les gens qui marchent, les voitures qui circulent – extra !

La derniere journee a La Havane, je deambule tranquilou et decouvre les emblemes meme de Cuba. A commencer par la fabrique de cigares et le travail de ces gens, payes au lance pierre et assis sur une chaise en bois a rouler les cigares, qui font la reputation de l’ile. Que des grands noms, apparemment. C’est aussi l’occasion de visiter la fabrique de Rhum, Havana Club, vrai institution. Ici, ils boivent le rhum comme du petit lait. Differents rhum forcement, et je deguste le 7 ans d’age. Ouah, ca degage les bronches et interdiction de le couper celui-la, c’est un crime contre l’humanite ! Prison direct !


Des visages, des figures






Mais, il déjà temps d’aller recuperer le bus qui m’amene a mon autre destination : Vinales, petit village de l’ouest de l’ile, repute pour ses paysages magnifiques et sa douceur de vivre, un autre Cuba, loin de l’agitation des villes. Un dernier cafe dans mon hotel 5 etoiles et c’est parti !

Vinales, petite chambre independante dans un patio, hotes adorables et village hors du temps. Une vraie bouee d’air frais apres l’agitation de la capitale. Circulation sans probleme. Je me ferai des le premier soir un pote, parlant parfaitement le francais, grace a sa femme originaire de la metropole. Il n’aura de cesse de m’aider et a s’assurer que tout va bien pour moi. Adorable et sans malentendu. J’adore. Je decouvre donc les paysages, les balades a pieds (et sous la pluie, trempee comme une serpillere, et oui…). Une escapade sans interet d’une apres midi a Pinar del Rio, « la » ville d’a cote – rien a y voir, sombre en plus. Une perte de temps, mais ca fait parti du jeu.

A Vinales, c’est beau, paysage original de mogotes (formation calcaire) mais harmonieux en meme temps. Tout est tres simple dans ce village. Je circule seule sans les inconvenients de La Havane. J’en profite pour simplement marcher dans le village, passer le temps et me poser.

Le soir, il y a un bar principal pour l’animation, qui commence a jouir d’une vraie reputation de scene musicale de qualite sur l’ile, et a Cuba, c’est pas peu dire. J’y donc forcement y faire un tour. Quelques pas de danse aussi forcement… Mes cours de salsa de l’annee passee sont bien loin …dur dur de s’y remettre mais le plaisir est la, et le sourire aussi, c’est tout ce qui compte. Un peu de reggaeton aussi, melange de reggae et de hip hop cubain : la c’est les congas et la basse electrique… Ca, c’est pour l’info autrement dans les faits, c’est tres colle serre. En tant que fille, tu suis le mouvement du type qui se colle a toi … assez caliente… attention, ca va vite a Cuba ! Et si ca va trop vite, c’est tellement colle serre, que tu le sais tres vite, ou plutôt tu le sens tres vite.… Oups, pardon !


Vinales, un ecrin preserve






2.5 jours a Vinales et hop, c’est parti direction Trinidad. Je ne fais pas escale a Cienfuegos, on me l’a deconseille a plusieurs reprises et cette ville peut etre visitee depuis Trinidad sur une journee. Alors, c’est parti, une journee quasi entiere de bus et j’arrive a bon port. La dame de la casa particular m’attends a la station. Famille de ceux qui m’ont loges a Vinales, les hotes etaient adorables, ce sera pareil ici aussi.

J’ai l’impression d’etre chez moi – la chambre independante, sur le toit avec terrasse privee, table de jardin, rocking chair, hamac et vue sur la ville. C’est extra ! Sans compter la qualite de la nourriture (et la quantite aussi) et le soin apporte au service, c’est digne d’un resto.

Trinidad, vous allez vite le sentir, c’est mon gros coup de cœur sur Cuba, sans conteste ! J’ai passe 4 jours la-bas, formidables. Tout a été parfait : de ces gens qui me logent, a la ville elle-meme, aux personnes que j’ai rencontrees … rien a redire. Si je devais ne retenir qu’un endroit a Cuba, ce serait celui-la !!!!
J’arrive donc a Trinidad apres un voyage en bus de presque 9h ou m’attends ma « logeuse » et prends possession de « ma » terrasse puisque je suis seule a l’etage : grand chambre independante avec terrasse et vue sur la ville, table de jardin, hamacs et rocking chair – que demander de plus ? Il fait un soleil magnifique, ca promet !


Des le premier soir, ballade en « ville » avec des francaises qui etaient sur le meme trajet que moi. Ville, c’est un bien grand mot ; elle se concentre en fait surtout sur le vieux centre historique ou resonnent toutes les musiques de Cuba, plein de « casa de la musica », de « casa de la cultura », etc… Imaginez-vous deambulant a la tombee de la nuit dans des ruelles pavees eclairees par quelques vieux reverberes (quand il y en a)… La faible lueur qui se reflete sur ces murs empreints d’histoire ne suffit pas a leur enlever de leur beaute… La musique qui resonne, jamais bien loin, y est peut etre pour quelque chose. La aussi, de quoi satisfaire tous les appetits musicaux, mais ca c’est Cuba et pas seulement Trinidad : le son, la trova, la mythique salsa qui fait s’enflammer les gens des les premieres notes, c’est incroyable... la charanga, le merengue, le tcha tcha et dans un autre genre les rythmes afro-cubains, le reggaeton.. et j’en oublie…


Trinidad





Alors, ce premier soir, rendez-vous sur la grande place centrale de Trinidad, toute pavee, en escalier juste a cote de la Plaza Mayor, classee aux Monuments Historiques. Une scene a mi chemin de ces escaliers, des tables et des chaises a n’en plus finir… la musique se fait tantot « suave », tantot « rythmee ».. mais une chose est sure, ici a Cuba, la musique, le rythme est dans les genes… La moindre note fait danser tout le monde sans exception, du plus jeune au plus vieux, du plus gros au plus mince, sans complexe aucun… le dehanche est incroyable, a faire palir de jalousie n’importe quelle europeenne… Mais comment font-ils ? Ils ne posent pas de questions, ils bougent, ils prennent du plaisir, ca se voit et ca se communique… Ils dansent depuis qu’ils ont l’age de marcher, c’est pas peu dire ! Tout le monde.

Ici, quand vous etes une fille, tout le monde (j’exagere a peine) veut vous apprendre a danser, quel que soit l’age… bon la, precisions, il y a quand meme un tri a faire, pardon ! Sinon, tu finis par te retrouver collee ni au plus beau ni a celui qui sent le plus bon… Le meilleur moyen de refroidir un mec ici, c’est de lui dire que vous n’aimez pas danser, si je vous jure, j’ai teste et ils ne comprennent rien… Forcement, pourquoi Cuba sinon ?!

Boite de nuit "Ayala" a Trinidad
(pour la deuxieme partie de soiree)














Allez, le lendemain, version un peu plus sportive de la ville, j’irai faire une ballade a canasson, pardon a cheval jusqu'à une chute d’eau avec une petite piscine naturelle pour se rafraichir. Ballade dans des paysages magnifiques ou je traverse la Vallee de Los Ingenios, petites montagnes, plaines… c’est bete de dire ca mais c’est tout simplement beau. Bon, je ne suis pas une cavaliere aguerrie et quand je tente de faire avancer mon 4 pattes, il me faut bien l’aide de mon guide du jour pour le lui faire comprendre. 1h30 a 2h pour atteindre la halte salvatrice et reposer un peu mes fesses a peine endolories (ca c’est la partie la moins avouable)… Petite baignade et retour car j’ai encore envie de profiter de la journee ; du coup, je fais accelerer la cadence entre le trot et la galop et c’est en moins d’une heure qu’on reviendra..

S’ensuivra une errance dans les ruelles de la ville, quartiers moins visites mais propices au plaisir de voler quelques photos. Je me regale de ces vieilles gens assis dans des recoins de portes en milieu d’apres midi, a l’abri de la chaleur ecrasante, a attendre je ne sais quoi, de ces gamins jouant au base-ball avec une balle rafistolee de tous les cotes… J’ai l’impression d’etre hors du temps. Il y en a un vieux monsieur qui me fera une petite demo avec les claves, vous savez ces 2 morceaux de bois que l’on tape l’un contre l’autre pour donner un ryhtme a la musique. Toute la base de la musique cubaine, de la salsa en particulier, est la…

Le lendemain, autre periple, cette fois-ci en direction de Topes de Collantes, parc de la region offrant petites collines vallonnees, vegetation dense et baignade dans une piscine naturelle ou se deverse une cascade : bain un peu frais mais bien appreciable apres cette marche courte mais sous un soleil de plomb ! Cuba se merite, c’est sur…



Changement de cap et escapade d'une journee direction Cienfuegos, ville a 2h de route de Trinidad : c’est avec 3 personnes rencontrees lors de l’excursion de la veille que l’on louera une voiture a la journee pour aller a l’assaut de cette jolie ville coloniale. Un vent de liberte souffle sur nous…baignade improvisee en cours de route, degustation de fruits au bord du chemin… on file sur les routes, fenetres ouvertes et musique cubaine a fond … l’air est chaud, la temperature est déjà dure a supporter.

On erre dans les rues de cette belle ville de bord de mer, les batiments de la place centrale sont majestueux et bien preserves mais pas de visites possible… dommage, on reste un peu sur notre faim. On va passer la journee a marcher le long du bord de mer sur le Malecon (boulevard principal qui longe la mer). C’est un tres tres tres….long boulevard, en tous cas, la chaleur etouffante nous assomme et nous enleve peu a peu toute notre energie.Jusqu’a arriver a la pointe, joyau des lieux. La vue depuis le dernier etage d’un hotel est incroyable : 360 degres sur la ville et sur la baie – j’en prend plein les yeux tellement c’est beau !

Je fais le plein de photos et hop retour sur le centre ou l’on veut absolument voir le coucher de soleil sur la ville depuis les toits d’un edifice reconverti en ecole de danse. Ouah, les couleurs sont sensationnelles, j’ai l’impression d’un dessin tellement elles sont chaudes. En plus, les rayons du soleil couchant se refletent petit a petit sur ces vieux batiments, liberant une atmosphere et une luminosite ocre voire orangee, …. le lieu devient magique, depuis ce toit qui semble n’appartenir qu’a nous… Instant precieux ou le seul bruit de fond est celui des jeunes de l’ecole de danse repetant leur spectacle..on les apercoit meme en contrebas,… on a du mal a partir !
Retour sans bruit jusqu'à Trinidad ou Morphee aura raison de moi… Les reves sont doux a Trinidad…


Escapade a Cienfuegos





Mon dernier jour a Trinidad la-bas oscillera entre ballade a nouveau dans les rues, visite d’un des musee de la ville pour ensuite acceder au toit et s’offrir une derniere vue panoramique de la ville.. je me regale de ces derniers instants ou je dis petit a petit adieu a « ma » ville..Dernier repas a la casa ou je me fais servir une langouste, et moultes petits accompagnements qui ne font que du bien au corps et a l’esprit ! Dernieres photos le soir dans les ruelles.. un brin de nostalgie m’envahirait presque…


Dernier jour a Trinidad






Santiago de Cuba, c’est toute une journee de bus pour y aller et que vous dire… c’est super long !!!!
3 jours dans cette ville bien differente de la precedente… je retrouve des le premier soir pour me degourdir les jambes les inconvenients de La Havane..me revoila abordee a tout va..RRRRR !!!!!

Je ne me laisse pas demonter et je vais m’atteler a arpenter cette ville. Premier jour, je sillonne les differentes ruelles qui me semblent sympa et je decouvre des points de vue sur la baie de Santiago qui valent la peine d’arpenter des escaliers raides comme tout.. Je visite un musee de la Liberation de Cuba (en portugais.. oups, heureusement que je connaissais un peu l’histoire de la revolution cubaine), tres bien situe avec panorama sur la baie et sur la maison occupee par Fidel Castro pendant sa jeunesse.

J’arpente, j’arpente les rues et decouvre d’autres petits recoins et d’autres points de vue..ah sympa..et je reviens vers le centre ou finalement, je me laisserais porter par la musique et m’attablerais a La Casa de la Trova ou un groupe a joue pendant un temps presque que pour moi (en fait, j’etais toute seule, c’est tout)… tres joli moment, tres belles voix, vraiment … Une jolie journee, toute en effort (deambuler dans les rues avec cette grosse chaleur moite est terrible ! ) et en douceur pour les oreilles.. je me fais plaisir et c’est tout ce qui compte !


Santiago de Cuba





Le lendemain, je m’attaque au Castillo del Morro, un château, rempart de la lutte pour l’independance. Steph, qui n’en a pas assez, se dit alors mais pourquoi ne pas y aller a pattes ? Rien d’exceptionnel me direz-vous… sauf que c’est a 10kms du bourg, qu’il fait une chaleur a tomber par terre et qu’il faut traverser, au debut du moins, des quartiers moyens moyens…Pas de bus, peut-etre ? Mais non, que neni ! La steph est un peu tordue et a le gout de l’effort bien pese (et pas bien pense !)… 2 heures plus tard, un tee shirt trempe jusqu’au dernier millimetre et un teint rougoeoyant et transpirant (jolie image, n’est-ce pas ?), j’arrive « un peu » fatiguee a cet endroit magnifique…

Encore une jolie vue, c’est presque lassant mais cette fois-ci face a Haiti, notre voisine toute proche.. Le fort, quant a lui, se dresse fierement ..il a raison, c’est un batiment superbe , l’emplacement est splendide.. et on peut y decourvri, au-dela de l’histoire meme du fort, une exposition d’artistes locaux… Hmm, je me laisserai bien tentee, d’autant plus que l’artiste est bien sympa a ecouter et a regarder, non non je resiste mais quel delicieux accent (il me parle en francais,…). Je tiens bon, mon sac est trop lourd… juste le plaisir des yeux.

Je rentre mais cette fois-ci en taxi : il est alors 3h de l’apres midi et la chaleur est encore pire qu’avant… mazo une fois, pas 2 !!! Repos bien merite mais cela ne m’empechera pas le soir d’aller a La Casa de Los Tradiciones, toute petite salle…Trova au programme (chansons traditionnelles, peu d’instruments et des paroles fortes.. un peu nos Brel, Brassens et compagnie…). Ce soir-la, les chanteurs sont amatteurs.

Petit tableau d’ensemble : apparemment que des gens du coin, que des lo caux au dela de la quarantaine, qui se connaissent, s’entrainent, se soutiennent les uns les autres, se parlent fort, et reprennent forcement ensemble certains morceaux apparemment bien connus… parfois meme des duos improvises et des voix fortes… un regal, j’ai l’impression de m’immiscer dans une fete de famille.

Le rhum defile, meme les petites vieilles en redemandent, en veux-tu en voila… Autant vous dire qu’avec ma petite bouteille d’eau, je denote un peu ..comme d’hab, quoi ! Encore une belle decouverte, moi qui ne connaissait pas la Trova..


Castillo del Morro





Dernier jour a Santiago, c’est une journee off, je me ballade sans but precis, si ce n’est acheter des cd, flaner encore devant quelques batiments que je n’ai pas vus, et m’attabler pour me rafraichir un peu… sympa de se laisser aller sans but precis, on glane ainsi l’atmosphere ambiante, l’agitation des rues .. sensation de liberte et de legerete bien agreable !!!





Le lendemain, je pars en direction de ma derniere etape, Baracoa..petit ecrin de nature encore preserve et pas trop touristique, en bord de mer sur la cote est. J’y arrive en debut d’apres midi et decouvre ma casa particular, super sympa : un etage pour moi toute seule avec chambre et salle de bain separee et super une terrasse avec vue sur le village.

Premieres impressions et c’est un village defraichi, des rues terreuses, les murs sont un peu noirs par moment mais avec un charme immense.. le bord de mer est sauvage, agite mais possede la couleur de ces vieux ports de peche (bon la pas de bateau mais l’idee est la)..Il fait bon y deambuler. Les vagues sont fortes et donnent une vie incroyable a cet endroit deserte a cause de la chaleur.. seuls quelques habitants sont assis en bordure de leur maison, a l’ombre..

C’est aussi des hotes super sympas et je me laisserai tentee par la cena (repas du soir) dans la casa. Au menu du soir, specialite locale : le poisson au lait de coco, un pur regal, des portions gargantuesques mais tant pis, c’est trop ce poisson.. Au cours de ces 3 jours, je decouvrirai aussi le cucurutcho, gourmandise locale : noix de coco rapee melangee a de la goyave et a du miel.. autant vous dire, pas dietetique du tout mais un pur regal pour qui aime la douceur de la goyave et la saveur de la noix de coco.

Premiers pas a Baracoa





Un peu de sport pour eliminer tout ca, mais oui..je culpabilise sinon…Un peu bete, non ? Le lendemain, je veux aller decouvrir une plage reputee pour sa beaute sauvage 20 kms de la.. Non, quand meme pas a pieds, mais je loue une bicyclette a un papi alors que tout le monde essayait de me refiler la sortie en taxi… Je vous le donne en mille : bicyclette annee 30 mais qui roule et c’est l’essentiel.

La route longe la cote vers le nord et je traverse des villages assez eloignes les uns des autres…Pas un touriste a l’horizon.. Tu m’etonnes, ils ont pris un taxi, eux surement, … Je roule bien motivee sur cette route qui va devir un chemin bien caillouteux et pas tres agreable pour mon posterieur, il fait chaud en plus forcement, mais peu importe, je suis motivee.

Les paysages alternent entre palmiers, champs, petites criques et villages aux habitations sommaires..partout toujours, on voit des messages de propagande pro castriste (comme partout ailleurs..). Ouah, c’est beau mais c’est long….Je fais le plein de photos, je suis vraiment dans la campagne, j’adore, c’est ce que je voulais…libre, libre, libre….J’arrive apres 2 heures d’efforts bien sentis sur une plage deserte mais sensationnelle…Alors la, c’est le pieds total.. un vrai coin de paradis pour moi toute seule, pas un touriste, j’ai l’impression de rever.

Je passe mon temps a alterner bain, photos, degustation de fruits…la plage est incroyablement belle et decoupee… Seul le « gardien » est la et m’apportera meme des mangues a deguster, j’adore…Un apres midi hors du temps, a se delasser apres l’effort dans un cadre de reve, seule avec moi-meme..Regardez les photos, elles parleront d’elles-memes…

Retour a bicyclette, forcement..les jambes sont un peu lourdes mais j’ai confiance. Et la, mon cote Pierre Richard revient en force…j’ai l’impression de forcer beaucoup plus qu’a l’aller. D’accord, le soleil cogne plus mais quand meme…et la de m’apercevoir que mon pneu est a plat sur cette route caillouteuse ou il n’y a pas un coin de plat ! Un consei l, quand vous louez un velo, verifiez toujours qu’il y a une pompe, c’est mieux ! Pas de pompe donc et evidemment, je ne suis partie que depuis un petit quart d’heure et il me reste bien trop pour faire tout ca a pieds..

J’alterne entre poussage de velo et roulage tres inconfortable ou mon velo est presque a l’agonie..il tremble tellement dans ces cailloux que j’ai l’impression que la roue va sauter…Je persiste, j’en ai un peu marre mais j’ai pas le choix alors… Jusqu'à me faire siffler (ca faisait longtemps)par un type…Alors toi, mon petit, tu vas pas me siffler pour rien..Je lui reponds et de s’apercevoir que j’ai un probleme avec mon velo..et la, a moi de l’alpaguer pour m’aider..Et oui, il faut bien que ca serve !

Il fera venir un autre type, qui a une pompe sur un velo aussi vieux que le mien…demontage de roue et de la chambre a air, rafistolage au fil de peche pour arreter 2 trous.. au passage, petit cliquetis de bouteille dans le sac du second type… Et oui, ici, a velo, on se deplace avec quelques materiels rudimentaires mais aussi avec la chopine de rhum..C’est Cuba, merde !

En tout cas, cette reparation improvisee me libere d’un poids, non pas que la distance me fasse peur mais quand meme… A l’arrivee, je m’arrete dans La Casa de Chocolate pour deguster une tasse de chocolat chaud et un pudding bien platrant au..chocolat…Chocolat chaud a jeter , rien du chocolat chaud de ma maman (…) mais petit pudding qui se mange malgre sa consistance un peu etouffe chretien..


Escapade a Playa Maguana a 20 kms de Baracoa




Le lendemain, j’improvise une journee off, la rando que j’avais planifiee avec une agence etant annulee a cause de la pluie…Donc ballade dans les ruelles, en bord de plage, un peu d’internet, histoire de passer le temps… c’est agreable quand meme..


Derniere Journee a Baracoa





Retour a La Havane pour une journee et demi, en attendant l’avion… je me fais plaisir, je deambule, je vais prendre mon cafe dans mon hotel 5 etoiles ou, meme avec 3 semaines, on me reconnait, c’est marrant. Je savoure encore quelques goyaves bien juteuses, je vais flaner a nouveau dans le Habana Vieja, decouvre encore d’autres rues et deguste « mon » vrai chocolat chaud..Je m’impregne encore un peu de cette musique omnipresente , …la musique, encore et toujours..la chaleur encore est toujours…


<LA HAVANE, Dernieres prises..





Cuba sent la fin, je suis a quelques heures de partir a peine..De Cuba, j’ai envie de dire que c’était de loin le pays le plus difficile que j’ai visite depuis le debut, celui qui m’a le plus eprouve ; la rudesse et le machiste ambiant tres tres pesant, la solitude, le sentiment de desoeuvrement que j’ai ressentie au debut pour la premiere fois depuis le debut de mon periple…Une vraie epreuve face a moi-meme..La prise de conscience aussi de la valeur de certaines amities..dur constat parfois..

En meme temps, j’ai envie de ne prendre que le meilleur : quelques belles rencontres, des paysages magnifiques, quelques ecrins de beaute que j’ai eu la chance de voir, et la musique, encore et toujours.. l’image de cette femme qui danse en me faisant ecouter un cd dans la boutique, la musique de plein air a Trinidad ou tout le monde danse sans complexe, Trinidad elle-meme, ses ruelles pavees, sa musique, ma casa, « ma » plage a Baracoa et contre attente, La captivante Havane, si hostile pour moi au debut et pourtant si forte en emotions ; j’ai voulu y revenir passer au moins un jour, allez comprendre…

Cuba, c’est fini, deja, je suis heureuse de tenter l’aventure suivante et le Bresil..nouvelles musiques, nouvelle langue, nouveau defi sans conteste..mais je suis armee, motivee et super toujours curieuse….

Savourer chaque journee jour apres jour et realiser la chance que j’ai de vivre tout ca…
Promis la prochaine fois, j’essaie de faire plus rapide..