dimanche 6 septembre 2009

Chapter 3 : 2 filles a la conquete de l'ouest ...mais ou est mon cheval ?

Salut à tous. Comme annoncé, le chapitre 3 avec récit des aventures au départ de San Francisco.
Mais, on vous avait promis une surprise, la voici : Stéphanie, épuisée par le rythme soutenu de ce mois d’Août, est allée se mettre au vert et a lâché sa plume. Alors, une petite devinette s’impose. Quelques années de plus que Stéph, plus de bon sens et d’expérience (si, si) et résidant dans les Pyrénées. On ne va pas la faire trop longue, celle-là : c’est moi Cathy et accessoirement grande sœur n°2 de Stéph, qui me suis emparé du blog – temporairement.
C’est donc avec une impatience que je ne retenais plus que j’ai retrouvé la « petite » partie sur les routes et chemins du monde depuis 3 mois. Ma mission au départ était simple : je devais rapporter les preuves orales et photographiques que la petite allait bien et savait mener sa barque dans ce projet. Mission à haut risque mais je l’ai acceptée sans sourciller, trop heureuse de retrouver une partie de la famille. La mission sera accomplie, bien sûr.
Lisez bien, vous apprendrez sûrement des choses sur Stéph sans avoir jamais osé le demander et qui se cache derrière la banquière impitoyable que vous connaissez tous. D’ailleurs, vous en aviez sûrement assez de ses récits super intéressants remplis d’anecdotes et d’histoire…
Alors bonne lecture et soyez indulgent (svp)



Yosemite National Park - Californie
Nous voici donc au départ avec notre bolide (une petite Hyundai tout à fait à notre goût, bien que la prochaine fois, nous pensons opter pour le 4X4) et c’est Stéph qui traverse le Bay Bridge direction Yosemite. Nous rentrons dans les terres et l’on sent déjà dès les premiers miles la chaleur à laquelle on nous avait conseillées de nous préparer. Vive la clim ! Elle sera notre meilleure alliée pour traverser l’Ouest américain. Après un 1er arrêt sur les bords d’un lac, nous arrivons bien vite à Yosemite. C’est un parc de toute beauté qui mérite d’être visité, de part sa grandeur (3ème parc des USA), ses hauteurs, et ses cascades. Les 2 fameux sommets (El Capitan et le Half Dome) en font un lieu magnifique. Bien décidées à y planter notre tente, nous serons vite rembarrées ; le parc est complet, victime de son succès. Peu importe, ce sera auberge de jeunesse durant ces 2 jours.
La 1ère journée s’avère être une journée découverte mais de marche aussi. Stéph, rompue à ce genre d’exercices nous trouvera les meilleurs coins à visiter en attendant de nous préparer à une petite randonnée pour le lendemain à Little Yosemite Valley. Cascades superbes et petite baignade rafraîchissante dans la Merced River seront au programme. Nos impressions sur ces 2 jours : sensationnel, génial, magnifique; pas très original, mais que dire d’autre ? Et ce n’est que le début. Sans oublier nos premières rencontres avec les locaux à 4 pattes du coin.



Concernant l’aspect alimentaire, nous avons pu récupérer une glacière (merci) qui nous servira grandement. Et à ce sujet, je me suis découvert une patience sans limite pour « endurer » le temps passé par la petite sœur dans les supermarchés et autres points d’alimentation. Vous l’aurez compris, faire les courses n’est pas ma priorité; il semble par contre que Stéph adore vraiment ça…ainsi alors que je passe mon temps dans les gift shops (boutiques cadeaux) ou autres à acheter cartes postales ou crème solaire, Stéph s’avère très tenace pour trouver les produits frais nécessaires à notre équilibre nutritionnel dans ce pays où la bouffe n’est pas ce qu’il y a à retenir, et donc pour dénicher le « low fat » yaourt, le « diet » coke ou les « sugar free » chewing-gums ; comprenez sans calories. Jamais, elle ne lâchera prise….



Kings Canyon National Park - Californie
Départ aux aurores vers Kings Canyon National Park car 3h30 de route. Ce soir, nous dormirons coûte que coûte sous la tente (elle n’aura pas traversé l’Atlantique pour rien). Nous nous installons au 1er camping à notre goût et montage de la tente en 15 min (nous battrons ce record par la suite et deviendrons de vraies pros au démontage et spécialement de nuit).D’accord, on dormira aussi avec la tête en bas (moi du moins) et surtout par 2 000 m d’altitude donc intérêt à garder chaussettes, pantalon et pull pour ne pas se geler les pieds…et le reste.



Juste un petit mot à propos du fonctionnement de ces campings nationaux. Tout dans l’efficacité : vous entrez, le prix d’un emplacement ($15 env.) est affiché, vous prenez une enveloppe mise à votre disposition, vous choisissez votre emplacement, mettez la somme demandée dans l’enveloppe laissée à l’entrée du parc dans un box scellé et apposez un papillon à votre emplacement indiquant votre présence. Le ranger du parc fait sa tournée dans la journée pour constater que tout le monde a payé sa place.
Autre chose à noter, quelques animaux sympathiques rendent parfois visite aux campeurs – des ours par exemple. Chaque emplacement a donc son coffre en métal où il est obligatoire de laisser nourriture, produits odorants, bref tout ce qui peut titiller l’odorat de ces gentilles bêtes, capables nous dit-on de briser votre voiture ou de déchirer une petite tente pour attraper ce qu’il veut. Pas d’exploit ce soir : nous suivrons ces recommandations à la lettre.



Pour vous parler -un peu- du Parc, il jouxte la Sequoïa National Forest et le Sequoia National Park (celui-ci est géré conjointement avec le Kings Canyon NP). Donc si vous n’aimez pas les arbres, passez votre chemin : la grandeur et le nombre de séquoias en ont fait sa renommée. Des arbres dont le tronc brun-rouge se reconnaît facilement ; nous en avions trouvés à Yosemite mais ici ils sont plus nombreux et on lèverait presque le regard comme pour admirer le sommet d’une cathédrale. Quelques caractéristiques suffisent à en imposer : jusqu’à 90 m de hauteur, 12 m de diamètre et une écorce allant jusqu’à 60 cm d’épaisseur. Sa longévité en fait également une curiosité (le « General Sherman Tree » et le « General Grant tree » -3ème plus grand arbre du monde de part son volume - sont estimés à plus de 2000 ans).



Death Valley National Park - Californie
Bien que la vallée de la mort (Death Valley) soit tout près à vol d’oiseau sur la carte, il n’en va pas de même lorsque l’on est en voiture car aucune route ne permet de traverser Kings Canyon et d’en ressortir à l’Est. Nous faisons donc le tour en plus de 8h de route. Nous traversons un paysage sec et vert à la fois mais la chaleur est bien là ; nous sommes dans le désert californien…Nous arrivons en fin de journée et la rareté des motels et des pompes à essence nous incitera à nous arrêter à l’entrée du parc. Ce soir, camping également mais bien différent de Kings Canyon. Il y fait sûrement 25° C de plus. Le ranger vigilant, vérifiera que nous ayons bien des chaussures montantes pour nous protéger des petites bêtes locales (scorpions ou serpents à sonnettes). Mais, Stéph, ne souhaitant pas déparer avec sa petite robe, gardera claquettes aux pieds (rebelle ?)



Départ très tôt comme d’hab pour profiter à fond et surtout éviter la chaleur, car même à 7h du matin il ne fait pas loin de 30°C. C’est sûr, on va en brûler des calories. Réservation dans le motel du parc (avec piscine ; ah , se baigner dans la vallée de la mort…) pour se libérer des contraintes du logement.
Ce parc, il n’est pas vraiment conseillé d’y aller en plein mois d’août mais puisqu’on est là…allons explorer les trésors de cet endroit dont le nom résonne pour tout amateur de westerns. Conduire sur ces routes est un enchantement, l’aridité des paysages, l’aspect désertique du lieu, la beauté des couleurs et des rochers, tout cela inondé par un soleil de plomb…le sentiment est inexplicable. Je suis aux anges.



Dans cette vallée, qui est en fait une dépression localisée sur les failles d’un tremblement de terre recevant tous les alluvions des montagnes voisines, nous nous rendrons au point le plus bas des USA en dessous du niveau de la mer (Badwater Basin à 282 pieds, je vous laisse faire la conversion) qui est une étendue salée ressemblant étrangement au désert d’Uyuni en Bolivie (je n’y suis jamais allée mais je regarde Pékin Express…). Death Valley a attiré au moment de la ruée vers l’or nombre de prospecteurs mais l’or n’était pas la seule richesse de cet endroit : on y trouvait toute sorte de minerais et du borax en particulier (utilisé dans la fabrication des détergents).



Les différents points de vue sont magnifiques ; nous pourrons admirer des dunes de sable, un pont naturel, des fours à charbon en forme de ruches ou le village de Skidoo qui a été déserté par les mineurs. Bref, toute une palette de paysages variés et colorés qui nous ravit. Après 2 jours dans cette vallée où nous avons laissé quelques gouttes (pique-niquer par 47°C n’est pas la meilleure idée qu’on ait eue !), quels souvenirs…



Las Vegas - Nevada
L’arrivée de nuit, c’est top pour entrer dans cette ville sortie de nulle part au milieu du désert de Mojave. Las Vegas (« prairies » en espagnol ; au début du 18ème siècle, il y avait encore de l’eau donc endroit favorable à l’agriculture), située entre Los Angeles et Salt Lake City, vit en partie le jour de part sa situation géographique entre ces 2 villes au moment de la ruée vers l’or au 19ème.



Surnommée Sin City (la ville du pêché), Las Vegas attire un public toujours plus nombreux ; les accros des tables de jeux se retrouvent pour des semaines entières de jeu. La mafia, Bugsy Siegel ou le « Rat Pack » (Franck Sinatra et ses acolytes) font partie de la légende de la ville. Bref, nous aurons tout loisir de nous plonger dans cette ville où argent, luxe, néons, et excentricité battent le haut du pavé.



En journée, les néons brillent moins, et il faut dire que Vegas, le jour, ce n’est plus vraiment Vegas. 2 jours étaient amplement suffisant pour le lieu qui ne compte que de sublimes hôtels casino (Bellagio – entends-je « Ocean Eleven » quelque part ? -, Mirage, Flamingo, Venetian, Caesars’ Palace, Paris Las Vegas, MGM, Luxor, Excalibur, etc.). Notre motel casino avec piscine (encore je sais, mais il fait chaud là-bas), plus modeste mais tout à fait à la hauteur, nous a offert le meilleur rapport qualité prix du périple.



Nous irons user nos claquettes sur le Strip (Las Vegas Boulevard) le 1er jour pendant plus de 11h (désolée pour tes pieds Stéph) et 8 h seulement (?!) le second. On n’est pas tous les jours à LV. Au programme : ballades, shopping, et restaurants. La flore n’est pas très abondante dans cette ville mais la faune est parfois curieuse (si, si, je vous jure que j’ai vu Elvis !). Nous partirons en nous disant que l’on aurait pu économiser une ½ journée ou davantage…Cela reste quand même un « must-see » dans cette partie de l’Ouest.

Personnellement, un grand moment de cette étape restera la chorégraphie des fontaines du Bellagio à la nuit tombée sur des mélodies captivantes – que Stéph réussira à immortaliser (merci).



Zion National Park - Utah
Départ de Vegas aux aurores – les grasses matinées, on ne connaît pas – pour reprendre notre circuit à travers les parcs. Zion National Park nous attend mais une matinée entière nous sera nécessaire pour atterrir en ce lieu.
Camping pour la nuit mais le plantage de tente s’avère pénible, chaleur et cailloux obligent. Aujourd’hui, bizarrement, nous ressentons en même temps une certaine paresse et manque d’entrain. Impossible de passer la 2nde ! Donc, c’est décidé, ce sera la Scenic Drive (route panoramique) en bus ; même pas la force de conduire. On en est déjà à la fin de la 2ème semaine et le rythme de ce périple est intense.



Zion NP nous enchantera aussi …ça devient presque une litanie…toujours aussi beau ce voyage, toujours aussi surprenant. Cascades, canyons, couleurs sublimes mais lieu moins aride qu’on aurait pu le penser. Les arbres sont là, quasiment le jardin d’Eden. Explication : La Virgin River n’est pas loin.



Bryce Canyon National Park - Utah
Déjà, un autre parc nous appelle, c’est Bryce Canyon NP. Départ très tôt car pas de temps à perdre pour éviter chaleur et profiter de tout. Ce soir, camping également et toujours aussi peu d’énergie (Que se passe-t-il ?). Donc scenic drive encore aujourd’hui. Les points de vue offrent variétés d’enchantement comme ces pinacles et cheminées de fées (surnommées « Hoodoos »).



A tout moment de la journée, la magie est là – pour exemple, l’amphithéâtre de Bryce Canyon formé de Hoodoos. Quelques photos à suivre ne me démentiront pas. Même la pluie du soir ne parviendra pas à gâcher notre plaisir.
Après un repas dans un fast-food (choix de resto très réduit dans cette zone) qui ne réjouira pas nos palais, nous irons chercher le sommeil dans notre camping sous le bruit des gouttelettes de pluie sur notre tente.



Arches National Park - Utah
Eh oui, toujours départ à l’aube avec la tente mouillée, car le chemin est long jusqu’à Arches NP. Quelques 250 miles à avaler. Nous traverserons Capitol Reef National Park pour atteindre notre escale du jour. On s’est mises d’accord spontanément : je conduis le matin (après un bon café, tout va bien) et Stéph. l’après-midi pour partager la fatigue. Ce matin, la route semble longue et après un arrêt à Boulder, la petite sœur somnole avant de m’indiquer les routes à suivre. Nous décidons de nous établir à Moab ce soir, ville très animée où le canyoning et le trail en VTT semblent être les principales activités. Le Red Rock motel sera notre halte pour la nuit.

Arches NP nous attend. Nous ne serons pas déçues ; des arches, en veux-tu ? En voilà. Parmi les plus célèbres : Delicate Arch (la plus photographiée au monde) que nous regardons de loin, ou Lanscape Arch que nous allons chercher après une petite marche sympathique et photographions à la nuit. Puis Balanced Rock, énorme rocher de 3500 tonnes tenant sur un socle fragile on ne sait comment ou Park Avenue, suite de formations rocheuses faisant penser à une lignée de gratte-ciels, et il y en a tant d’autres…



Ce soir, restaurant américain, le vrai, donc ce sera au Buck Grill House en terrasse à Moab (mon rêve d’un bon steak se réalise) que nous dînerons et il faudra se presser à commander vite – un dilemme pour Stéph – car les cuisines ferment vers 21h ! Nos amis américains dînent tôt ; les restos ouvrent vers 17h30. Mes impressions : delicious !!!!!!!!

Canyonlands National Park – Utah
Réveil tranquille ce matin avec le soleil, notre prochaine étape n’est pas loin ; nous prendrons notre temps. Un tour en ville pour acheter quelques souvenirs (je ne vous ai pas dit que j’avais acheté un sac supplémentaire à Las Vegas pour rapporter tout ça ?).



Canyonlands NP est le plus grand parc de l’Utah et, me référant à notre compagnon de route, notre guide Lonely Planet, « une vision des premiers jours de la Terre ». Panorama magique dans ce parc que divisent le Colorado et la Green River. Canyons, mesas, aiguilles ou arches parsèment ce lieu superbe ; les différents points de vue ne cesseront de résonner au clic de l’appareil photo. Nous resterons dans la zone poétiquement nommée « l’île dans le ciel ». Voir photos…
Nous partirons ravies et avancerons pour notre prochaine escale ; c’est donc à Blanding que nous résiderons pour la nuit dans un charmant motel.



Monument Valley – Utah/Arizona
Après la collation du matin, nous mettons les voiles vers MV, une étape non prévue au départ. Ayant éludé Salt Lake City – peu être à tort - tout au nord de l’Etat (trop de miles), nous avons rajouté cet arrêt, cher à Stéph. Je ne le regretterai pas. Mais avant de savourer le paysage de près, la petite sœur, qui connaît le Lonely Planet par cœur, a trouvé un point de vue à faire absolument. C’est en empruntant la Moki Dugway dont une partie n’est plus goudronnée (ça secoue !) que nous nous dirigeons vers Muley Point. A ce stade, tu te dis j’espère que cela en vaut la peine…et puis tu te retrouves sur un belvédère d’où une vision féerique de Monument Valley s’offre à toi. Je dois avouer que c’est un autre de ces spectacles hallucinants, insaisissables qui aura marqué mon voyage : tout simplement magique (les photos parleront d’elles-mêmes). Les restes d’un feu de joie nous disent que nous ne sommes pas les seules à avoir tenté ce chemin. C’est alors que Stéph, prise d’une crise de douce folie, entame une danse autour d’un feu imaginaire. Oui, le soleil tape fort déjà !

John Wayne ou Lucky Luke ne sont pas loin ; les images de notre inconscient se heurtent à la réalité. Nous prendrons le temps de prendre tout ce qu’il y a à prendre : le temps passe mais cette vue-là mérite à elle seule tous les superlatifs que j’ai pu employés auparavant. Allez, il faut partir maintenant.
Un autre arrêt déniché par vous savez-qui nous pose devant les méandres de la San Juan River dans le Goosenecks State Park. Nous surplombons encore un paysage à couper le souffle. « Savourez cet instant » nous dit une petite voix…



En route vers MV, là il y a toujours une photo à faire et là aussi, attends, là-aussi…on arrivera vers 15h ! Pique-nique dans le parking et départ en voiture pour un parcours sablonneux, caillouteux et pentu…nous comprenons pourquoi, certains n’hésitent pas à laisser voiture au parking pour se faire transporter par les convois motorisés ($65/personne : bizness, bizness !). On va tenter l’aventure tel Sébastien Loeb, car c’est moi qui conduis – bizarrement, la petite sœur m’a volontiers laissé le volant cet après-midi ?! Des photos de ce désert aux buttes de grès gigantesques à n’en plus finir. Cependant, quelques points de vue plus tard, mon ressenti est que, de loin, la magie existe mais de l’intérieur, elle est moins présente (comme lorsque vous découvrez le secret d’un tour de magie…).



Mais, ne boudons pas notre plaisir et l’histoire du lieu. Je vous laisse vous re-pencher sur vos livres d’histoire car le passé de cette communauté vaut que l’on s’y intéresse. Monument Valley Navajo Tribal Park, qui n’est pas un parc national, appartient à la communauté Navajo en totalité qui habite dans ces grands espaces en respectant les traditions ancestrales et en vivant de l’élevage et de l’agriculture. Les gens et l’artisanat local parmi les souvenirs à ramener témoignent visiblement de l’appartenance des lieux.

Nous partirons enchantées et ferons route plus au nord en vue d’un arrêt particulier pour le lendemain, tout en progressant vers le Grand Canyon. Nuitée sereine dans la ville de Bluff où un charmant petit lodge prolongera l’atmosphère Navajo qui nous a accompagnées la journée durant. Nous regrettons au matin de n’avoir pu nous plonger dans la petite piscine cachée derrière les buissons.

Four Corners - Utah
Sur la route nous menant au Grand Canyon, nous ne pouvons résister au plaisir de nous faire prendre en photo en un lieu qui défie les lois de la géographie. Comment se retrouver dans 4 états à la fois ? Tout simplement en allant à Four Corners (en français 4 coins- je sais, il vaut mieux garder la version américaine), où vous pouvez avoir un bras en Arizona, l’autre en Utah, un pied dans le Colorado et l’autre au Nouveau-Mexique. L’expérience vaut bien $3! Et l’artisanat Navajo qui y est proposé satisfera nos envies d’emporter un peu de cette atmosphère-là en France.




Hubbel Trading Post - Arizona
Photos acrobatiques en poche, nous repartons pour faire escale dans le plus ancien poste de commerce encore en activité sur le territoire Navajo : le Hubbel Trading Post. Fondée en 1876 par le déjà nommé John Hubbel, il y est possible d’acheter tapis, bijoux, objets d’artisanat et nourriture. Lieu chargé d’une âme, il témoigne de la bonne entente entre un représentant des non natifs et des natifs. Cet américain fut un intermédiaire entre la communauté indienne et le monde extérieur, son trading post un pont entre 2 cultures. Preuve que le bon sens a existé un jour. Ce fut une étape singulière dans notre parcours.



Nous nous rapprochons du but et la nuit se passera à Flagstaff, ville animée abritant la Northern Arizona University, c’est un point de chute parfait car à environ 1h du Grand Canyon. A noter, nous y traverserons la « famous » Route 66…Que dire : c’est une route !

Grand Canyon National Park - Arizona
Ca y est ! Sur la route du Grand canyon, nous y sommes ; ce moment nous a, en quelque sorte, fait de l’oeil depuis le début et, nous y sommes aujourd’hui. Un rêve de plus à portée de main, à quelques miles de nous. Nous choisissons ne pas y accéder par le Nord (moins de possibilités) ni par l’Ouest (où se trouve le fameux Skywalk, passerelle en verre au dessus du vide et plus accessible à partir de Las Vegas) mais par le versant Sud. Notre première tâche sera de trouver à nous loger dans un motel, chargement des batteries oblige. Après une prospection efficace, un lodge tout à fait charmant nous accueillera pour une courte nuit. Mais avant ça, nous irons faire les démarches nécessaires (un permis) pour pouvoir camper au fond du Canyon la nuit suivante entre la descente et la remontée. Je vous ai déjà dit qu’il y faisait chaud ? Il y est vivement déconseillé de faire l’aller-retour en une seule journée et surtout en plein mois d’août. Nous suivrons les consignes de sécurité et ferons donc cette rando en 2 jours.
Mais avant cela, il y a un dicton qui dit : « si tu vas au Grand Canyon, tu dois faire un tour en hélico ». Fortes de cet adage…(qui n’existe pas, vous êtes sûr ?), c’est ce que nous ferons. Un baptême pour les 2 sœurs au dessus d’un des plus saisissants paysages du monde, YES !!!! Un petit coup de bambou à la carte bleue et nous voilà à nous faire faire peser pour établir le poids total de l’hélico – non, Maman, Steph n’a pas pris un gramme depuis son départ en Mai. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous voilà dans l’appareil, le casque sur les oreilles et bien sanglées avant le décollage. La petite fanfaronne au coté du pilote et je suis à l’arrière près d’une vitre transparente de haut en bas ; je vais pouvoir tester mon vertige…Excellent, topissisme, génial : nous serons à court de superlatifs à notre retour. Il est quasiment impossible de décrire cette expérience. Arriver au dessus de ce canyon qui vous happe sur la musique de Top Gun, c’est prodigieux, fabuleux. Nous garderons précieusement la photo officielle et notre certificat de vol. Une autre journée exceptionnelle à partager, un moment fort.



En fin de journée, arrêt obligatoire au point de vue le plus touristique du Parc et pose photo en souvenir avec soleil couchant.



Mais il faut penser à la rando et après avoir fait provision de barres, de fruits secs, etc. (avec lesquels nous pourrions tenir un siège d’une semaine), nous ferons notre sac et savourerons quelques heures de sommeil avec des étoiles plein les yeux.

Lever à 3h15... Vous croyez que ce sont des vacances, vous ? Nécessité de partir avant le lever du soleil pour éviter la chaleur. Départ de la rando depuis Yaki Point à la frontale pour Steph et à la lampe de poche pour moi par le South Rim (versant Sud). Rien que de la descente (13 km env.) pendant 4h avec dénivelé de 1500m. En dépit de la découverte des 1ers cactus, de la magnifique traversée du Colorado, difficile ce parcours, très éprouvant pour moi qui n’ai pas de chaussures de marche. Les genoux qui faiblissent et les jambes en coton feront partie du voyage. La soeurette, elle, semble gambader et après une alerte au serpent à sonnette, nous verrons le soleil illuminer les parois du canyon; les 1ères lueurs sont magiques. Arrivée vers 8h30, il fait vraiment très chaud. Après avoir récupéré un peu, nous irons planter la tente dans le camping qui longe la Bright Angel River. Là aussi, des boites en métal protègeront notre nourriture des animaux mais très peu de la chaleur. Assommées par la T° et la fatigue, nous irons tenter une sieste. Le reste de la journée consistera à nous tremper dans la rivière, à sécher et ainsi de suite. Le camping, accueillant nous informe de la présence de petites bêtes à sang froid (oui, les « rattle snakes » ou serpents à sonnette sont nos amis). Le passage aux toilettes se fera en groupe à travers les herbes hautes mais, ne craignons rien, ces bêtes là ne sont pas agressives, nous dit un panneau…sauf si tu lui marches dessus. Cela dit, on se croirait hors du temps en ce lieu ravitaillé par les mules, et le refuge nommé Phantom Ranch (ranch fantôme) où nous irons dîner avec d’autres randonneurs très sympas, semble avoir son histoire. Découverte avec bonheur du bœuf bouilli (stew) par Steph qui appréhendait ce repas typiquement américain. Mais pas le temps de festoyer, nous irons au lit à 20h et bizarrement n’aurons aucun souci à nous endormir.



Encore ce … réveil qui sonne…à 2h. Pliage de tente sous les étoiles et un sac sur le dos plus tard, nous commençons notre remontée (15 km, 7h de marche env. et dénivelé 1500m). Bien sûr, ma lampe torche achetée dans le Shopi du coin n’aura pas survécu à la descente. C’est donc en aveugle que je marche derrière Steph, qui veut me lâcher toutes les 5 minutes – involontairement, je l’espère – et je manque de déraper à tout moment. Avec son compas dans l’œil et son sens de l’orientation sans faille (comme dirait la pub, ne partez pas sans elle !), Steph nous fait remonter le chemin d’un pas alerte. Là-dessus, on est bien différentes, il n’y a pas de justice (j’en serais plutôt à suivre mon intuition dans ce genre d’affaires).Elle a encore l’air bien en forme et aux premières lueurs du jour, n’hésitera pas à me distancer vers Indian Garden sans regarder en arrière – je vous avais dit que je vous en apprendrai sur elle. Elle devancera certains randonneurs aguerris partis en avance sur nous (admiration !). Mais, qui va loin, ménage sa monture, j’avance donc sereinement et profite de toutes les occasions pour me désaltérer et admirer la vue… oui, magnifique, je sais. Nous échangerons quelques mots avec d’autres courageux sur le chemin de la montée ; c’est agréable de ne pas se sentir seules, de recevoir et de donner des encouragements. La fin sera pénible, je parviendrai à me raccrocher à Steph, dans un moment où elle pensait à tort que l’arrivée était proche. Sur la fin du parcours, nous croisons des gens partis en balade en sens inverse. Quelques uns admiratifs nous demandent à la vue du sac de couchage d’où l’on vient, les autres nous demanderont de les prendre en photo sans un bonjour et sans avoir attendu que nous reprenions notre souffle. Amateurs ….Nous arriverons vers 10h et le soleil ne nous aura pas attendu pour se donner à fond. Epuisées mais fières de nous. Victoire !!!! Merci petite sœur



Après avoir fait les étirements obligatoires, pris une douche, et mangé un morceau, les manque de sommeil, mal de tête et fatigue musculaire sont là et Stéph s’emparera du volant pour nous amener jusqu’à Phoenix.

Phoenix – Arizona
L’étape de Phoenix est annonciatrice de l’épilogue de notre périple rythmé. Nous décidons pour les 2 dernières nuits avant mon départ de taper dans le très haut de gamme. Ce sera donc hôtels grand luxe avec le Hyatt Regency puis le Hilton Airport. Je crois qu’on l’a mérité. Nous profiterons à fond des prestations fournies: salle de fitness, piscine, jacuzzi, room service, etc. Le programme sur cette ville très étendue s’avère très léger puisque nous ne visiterons rien du tout. Se baigner sous le ciel étoilé de Phoenix dans ce genre d’hôtel – un autre goût de vacances – nous suffira; je pense que j’y prendrais vite goût si j’avais ce type de moyens. Depuis le 20ème étage de notre chambre dominant la ville, le sommeil est réparateur (j’essaie de vous en mettre plein la vue, j’espère que ça marche).
La veille du départ, Stéph, bien décidée à ne pas s’éterniser dans cette ville, se dégote un billet vers San Diego en bus (départ le même jour que moi mais vers 23h) et nous rendons les clés de notre fidèle voiture après 5 000 kms de bons et loyaux services quand même.

En ce 1er septembre, nous nous apprêtons à mettre les voiles. Après un dernier café entre sœurs à l’aéroport, voilà que l’on annonce mon vol - nos routes doivent se séparer. En cet instant, j’aurais tout donné pour prolonger le voyage avec la petite sœur. Inutile de dire que nous aurons du mal à nous quitter. Mais, nous lâcherons finalement prise, riches de tous ces souvenirs des moments passés ensembles dans des paysages fabuleux.



Après un trajet laborieux entre avion, train et métro, le retour en France sera déroutant : changement de température, d’horaire et de contexte. Il faudra plusieurs jours de réadaptation.

Un petit résumé pour terminer, de mes moments forts de ce voyage:
- rouler sur ces longues routes américaines et croiser un biker tous les 25 kms
- manger des bagels à San Francisco et des pancakes à Las Vegas
- regarder la petite sœur saliver devant un cookie au chocolat ou savourer un moka chaud ou froid
- siroter un Mojito dans un hôtel chic ou un Red Bull dans un petit motel
- tenter ma chance à la machine à sous à Las Vegas
- faire du vélo sur le Golden Gate bridge même s’il fait froid
- camper dans les parcs, aller au fond du Grand Canyon et surtout en sortir
- faire notre baptême en hélicoptère au dessus du même Canyon
- s’arrêter devant tous les panneaux des parcs nationaux et les immortaliser par une photo

- les paysages lunaires, arides, désertiques de ce périple et tous ces rochers défiant les lois de la gravité
- la chaleur même intense
- les gens du pays, parler anglais, faire l’américaine et éviter tous ces Français qu’on a pu croiser
- sortir mes billets de $1 comme s’ils étaient inépuisables
- me baigner dans les rivières de Yosemite ou du Grand Canyon
- acheter des souvenirs pour tous les gens que j’aime
- discuter entre soeurs pendant ces longs trajets entre 2 étapes et rigoler pour un rien
- et surtout te retrouver Bidou en pleine forme, heureuse et riche de ton expérience…Go on and take care


Je vous libère en espérant vous avoir communiqué un peu du plaisir qu’a été le mien, le nôtre. Les prochains chapitres, vous retrouverez les aventures de Stéphanie, par Stéphanie elle-même, qui partagera à nouveau tous ses moments forts.

1 commentaire:

  1. Grande soeur, tu sais a quel point j'aime avoir un retour quand je fais ce blog. Tres tres travail alors, une vraie encyclopedie a la facon road movie, vivant et instructif en meme temps. de tous les momentsforts, je n'en enleverai aucun. J'en ai encore les larmes aux yeux rien qu'a le lire. Merci de ces fabuleux moments. Au-dela de tous les magnifiques endroits que je sillonne, celui-ci est plus que special pour moi car tu etais la pour embellir ce moment. Ta petite soeur qui t'aime plus que fort.

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